En compulsant les feuillets, patinés par le temps, du dossier
des archives paroissiales, on remarque que pendant très longtemps,
des siècles même, on est resté indécis
sur l’orthographe à donner au nom de notre village. On écrivait
indifféremment Cour et Court.
Voici quelques exemples pris dans des douzaines:
En 1540, le testament de Jean de Glymes, chanoine de la Collégiale
St Bartholomé à Liège, Seigneur temporel de
Cour. En 1577, Acte du greffe scabinal de Berzée portant
constitution de rentes pour Noël Vitoux de Berzée, lequel
a reçu de Balthazar de Villers, mambour de la chapelle Notre
Dame à Court, la somme de 48 florins. Le 28 mars 1588, copie
du testament d’Anthoine de Glymes, Seigneur de Court.
Le 18 février 1687, une dîme de foin de sept enclos
et prairies a été abandonnée au curé
dudit lieu de Court par Dom Emmanuel de Noville, abbé d’Aulne.
En 1758, Registre concernant les biens et revenus de la cure de
Cour-sur-Heure, renouvelé par moi Paul-Joseph Hancart, curé
dudit lieu, etc...
Cependant, selon que l’on adopte l’une ou l’autre de ces formes,
l’étymologie est toute différente: Cour servirait
à désigner la Cour de justice. L’on sait que, à
la tète de la commune, se trouvaient le mayeur et les échevins,
nommés par le Seigneur, et que, réunis, ils formaient
la Cour de Justice. Dans ce cas, Cour viendrait du latin Curia.
Il est vrai qu’il existait une cour de justice dans chaque seigneurerie;
mais la Cour de justice de Cour jouissait de privilèges spéciaux:
elle ne devait rendre compte de ses jugements à aucun autre
tribunal, et elle prenait sous sa protection ceux qui, pour échapper
à la justice de leur juridiction, venaient se réfugier
sur son territoire.
De là, l’expression souvent répétée
encore de nos jours: Cour-sur-Heure, terre franche. Voici un trait
typique: un ouvrier ayant durement frappé son maître,
M. Tellier, de Gozée, vint se réfugier à Cour
où il ne fut pas inquiété.
Si l’on admet Court, ce mot résulte d’une abréviation
de courtil. On donnait le nom de courtils aux jardins des colons
dépendant d’une villa romaine agricole. Or, vingt minutes
à peine séparaient notre village de la Villa romaine
de Péruwelz. Il est donc plausible que des colons habitaient
chez nous. Et de fait, une longue bande de terrain surplombant la
rive gauche de la vallée porte encore le nom de courtil.
Cette justification expliquerait, comme autres références,
l’étymologie de Viscourt et de Walcourt, qui se trouvaient
dans le rayon de la même villa. Qui détient la bonne
solution? Après ces deux thèses exposées, bien
osé qui voudrait le prétendre.
Cependant la première version l’a emporté et aujourd’hui,
il est d’usage courant d’écrire Cour. Eh bien alors : Vive
Cour!
Quant au complément "sur-Heure", l’on n’est pas
plus d’accord: sur son origine. Les uns tirent le mot "Heure"
du latin hora qui signifie limite ou frontière. Ils s’appuient
sur le fait que la rivière qui porte le nom de "Eau
d’Heure" faisait la limite entre Cour et Thy-le-Château.
Je ne peux me rallier à cette interprétation qui ne
serait valable que pour Cour, la rivière arrosant bien d’autres
communes sans qu’on y retrouve cette particularité géographique.
J‘opine sur la tradition selon laquelle "heure" tirerait
son nom fait souvent contrôlé qu’une pluie diluvienne
d’une bonne heure suffit pour la faire sortir de son lit.
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