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 Cour sur Heure:


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La terre franche de Cour sur Heure
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Texte de Valériane Munoz Molès:

Le Bidaudus et son origine


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 La formation du site

Il y a des milliers et des milliers d’années, la vallée de l’Eau d’Heure, n’existait pas. Les deux rives opposées étaient soudées. Le sol devait présenter l’aspect d’une cuvette allongée, orientée du nord au sud. Pendant très longtemps, cette cuvette a été remplie d’eau comme l’étaient la plupart de nos vallées au temps des grottes.

On trouvé en effet sur les Hayettes, à même le sol et en fouillant la couche arable, de très nombreux galets ou cailloux aux arrêtes arrondies par le frottement des eaux et en tous points semblables à ceux que l’on voit dans le rond de la rivière. Lorsque vous gravirez la crête de l’Hurlugeai, à mi-chemin du raidillon, sur votre droite, vous verrez une très grosse pierre bizarre par ses couleurs.

Arrêtez-vous : c’est un magnifique poudingue. Observez-en la structure. Remarquez qu’il est formé de nombreux petits cailloux réunis par du ciment très dur. Cette agglutination s’est produite par un séjour prolongé dans une eau saturée de sels minéraux. Les mollusques et les infusoires y pullulaient. Peu à peu, cet amalgame s’est asséché, les mollusques et les infusoires se sont pétrifiés. Telle est en quelques mots l’origine de nos pierres calcaires.

Les cheminées et les tablettes des fenêtres de la maison de l’école, en pierre de Cour, laissent voir de façon apparente les fossiles caractéristiques du dévonien moyen, notamment les spirifères à ailes droites avec huit plis marqués et les polypiers.

D’autre part, on sait que la surface de la terre subit sans cesse des plissements. Ce sont ces plissements qui ont provoqué une cassure dans l’écorce terrestre. La cuvette s’est alors séparée et la vallée était formée. Cette cassure est très apparente chez nous. En effet, des deux côtés de la vallée, les bancs de roches se retrouvent identique.

La vallée ainsi formée a reçu au cours de nombreux millénaires les eaux d’alluvions venant du cours supérieur et apportant avec elles des terres argileuses arrachées aux déclivités qui forment ses rives. Cette action constructive se continue encore de nos jours à chaque inondation. Et voilà comment se sont formées ces belles et riches prairies naturelles qui marquent le fond de la vallée.

Il est curieux d’observer de quelle façon la stratification des roches s’est opérée. Ici, les bancs sont inclinés à gauche, plus loin à droite; là, ils sont presque verticaux; ailleurs,ils s’enchevêtrent; parfois ils sont incurvés en fléchissant vers le milieu. Cette disposition a parfois rendu difficile l’exploitation de certaines couches.

Au point de vue de sa composition, le territoire de notre commune se partage en trois zones bien distinctes; les terrains calcaires, les terrains argileux et les terrains schisteux.

Dans la précédente chronique, nous avons expliqué la présence et la formation du calcaire.L’argile est une roche primitive à base d’alumine. La zone argileuse s’étend dans la plaine ondulée vers Thuillies où elle voisine et se confond avec la riche contrée que l’on a dénommée l’enclave du pays de Liège. Cette argile n’a pas partout la même dureté: le long du chemin de Rognée, à proximité du bois de Peruwelz, on trouve à fleur de terre, de l’argile plastique blanche pour poteries, dont la qualité s’améliore en profondeur.

Le schiste qui couvre environ la moitié de l’étendue de notre territoire, n’est autre que l’argile comprimée par les plissements terrestres. En se désagrégeant, le schiste redevient une argile rougeâtre de médiocre qualité.

Dans les 495 ha de notre commune, la flore est loin d’être uniforme; cela dépend de ce que le sol n’a pas partout la même composition physique chimique et minéralogique. Selon la nature du terrain, se sont formées des associations végétales. Dans la vallée, formée d’un limon fertile, la seule culture qui convienne est la prairie.
Dans la région argileuse, la betterave, le blé, le lin et les pâturages trouvent leur habitat idéal. Mais les pommes de terre, l’épautre et le seigle se cultivent sur les terres schisteùses des Hayettes et le calcaire de la Falise.

En certains endroits, le sol de la vallée est tout-à-fait imperméable; dans ces bas-fonds humides, tels le Breucq, Martimpré et la Prée, les roseaux, les joncs et autres plantes aquatiques poussent naturellement. Les épines, les mûriers et surtout les genêts ont spontanément enfoncé leurs racines dans les terrains schisteux des Hayettes et de la route de Hameau, parce que ce sont des plantes calcifuges. De même, si nous trouvons des digitales, des myrtilliers, des fougères dans le schiste du bois Jacques et du bois communal, nous ne rencontrons aucune de ces plantes sur le territoire calcaire de la Falise, parce que ce sont aussi des plantes calcifuges.

Par contre nous trouverons sur ce dernier des plantes calcicoles, qui recherchent le calcaire, tels les grandes marguerites et le serpolet qui, en eté, troue de grandes taches mauves le vert fané des prairies.

C’est dans le terrain schisteux de nos bois que l’eau des pluies s’infiltre et, rencontrant une couche imperméable, griguote lentement les roches tendres, forme des nappes aquifères souterraines qui alimentent les réservoirs de notre distribution où viennent sourdre à chaque pas dans les talus de Hurlugeai et de la route de Hameau, d’où elles ruissellent en cascatelles sur les aspérités des "urées".


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