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| L'ancienne
cure |
Une inscription latine au-dessus de la porte portant le n.23 de
la rue de Marbaix a déjà intrigué beaucoup
de personnes. Nombreux aussi sont les étrangers qui, voyant
ce chronogramme, viennent sonner à la porte ayant s’adresser
au presbytère. Ceux-ci ne se trompent qu’à demi puisque
cette habitation est l’ancienne cure.
Voici ce chronogramme :
"PaX e CaeLo hUIC DoMUI"
ce qui sigufie : La Paix du ciel dans cette maison. Faites la somme
des grandes lettres qui sont des chiffres romains et vous apprendrez
en quelle année cette habitation a été construite.
Voici pour les non initiés la valeur de ce chiffres: 1=1;
U=5; X=lO; L50; C100; Ml000. Si votre opération est exacte,
vous avez trouvé 1772.
Voici un autre chronogramme surmontant la porte de la façade
de derrière:
"aUXILIante Deo ConfeCtUM"
Je traduis : construite avec l’aide de Dieu. L’addition des chiffres
romains donne aussi 1772. C’est en effet en, 1772 que le Curé
Paul Hancart fit construire cette cure pour remplacer celle du XVIe
siècle, vétuste et exigüe.
En 1794, lorsque la France envahit la Belgique, Hollert venant de
Vireux à la tête d’un régiment dit des sans-culottes
arriva à Cour. Sans doute trouva-t-il le presbytère
à son gout, car, à la manière des occupants,
il s’y installa. Il laissa néanmoins quelques pièces
à la disposition du curé. Cette cohabitation fut de
courte durée : le curé prit domicile dans la maison
d’en face. Quelques années après, le curé ayant
refusé l’obédience, c’est à dire l’obéissance
à la France, vit ses biens confisqués. La cure fut
mise en vente et achetée par Rogneau de Ragnies, beau-frère
de Hollert qui se fixa définitivement dans cette maison.
Il fut successivement maire sous la domination française,
maïeur sous la réunion à la Hollande (de 1815
à 1830) et bourgmestre sous la Belgique indépendante.
En 1945, le Ministre de l’Instruction Publique, envoya l’un de ses
photographes demander l’autorisation de prendre quelques vues intéressantes
de cette maison, notamment une sanguine murale représentant
la conversion de St Paul (patron du Curé bâtisseur),
une cheminée en chêne de style Louis XV, deux buffets
muraux de style Louis XVI et la rampe d’escalier qu’on pourrait
qualifier de monumentale avec ses 50 fuseaux massifs et son depart
magnifique.
Ces photos se trouvent aux musées royaux d’art et d’histoire
du cinquantenaire à Bruxelles. |
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