La toponymie relève de l’histoire locale dont elle est l’un
des aspects.
Elle trouve donc tout naturellement place dans ces chroniques.
L’étude des archives paroissiales permet de constater que
la plupart des lieux dits étaient d’un usage courant dès
le XVIe siècle. On trouve notamment dans les documents de
cette époque les noms de Spèsse (aujourd’hui Spèche),
Martinpré, les Raux, le petit Breux, Sausis, fonds des bosquets,
le Stordoir, le trau des grises.
Le Hurliget (Hurlugeai) faisant partie de la juridiction de Thy-le-Château.
Ce n’est qu’en 1803, après le Concordat passé en 1801,
entre Napoléon et le Pape, que Hurlugeai fut détaché
de Thy-le-Château et incorporé à la paroisse
de Cour-sur-Heure. Bien des endroits du sol natal portent un nom.
L’étymologie de ces noms atteste l’importance des défrichements
qui ont été effectués chez nous. Grâce
à ces noms, il est aisé de reconstituer beaucoup des
anciens massifs de la région qui ont appartenu à la
grande forêt charbonnière.
Il est évident qu’une grande partie de notre sol cultivé
a été conquis sur les forêts. Parmi les noms
qui rappellent la présence d’arbres, citons : le beau buisson,
le cerisier, le saule, les raux (ce nom signifie bois, défrichement),
le petit bois, le bois Madame, les sarts (c’est-à-dire lieu
défriché où se trouvait un bois), Martinsart
ou le bois Martin, le bois Jacques, le fonds des bosquets, les Hayettes,
du bas latin hagia qui signifie portion de forêt.
Ces noms peuvent aussi venir du nom de l’habitant. Ainsi la ferme
de Guemerée, propriété de l’abbaye de Lobbes,
était habitée au 17e siècle par Gommery. Le
trou des Grises, appellation aujourd’hui disparue, se trouvait dans
la carrière Auvray; dans les siècles passés,
vivait là, dans une caverne naturelle, une petite communauté
de religieuses portait une robe grise.
Les noms dits peuvent aussi tirer leur origine de la nature du sol
ou du site.
Citons:
le Breu ou Breucq qui signifie terre marécageuse.
la presle ou la prée : du latin prata ou du roman prée
qui toutes deux signifient prairie.
le préat, diminutif de prée, donc petite prairie.
la rocaille, à cause de ses nombreuses roches schisteuses.
le dessus des courtils, ou jardins des colons, attachés à
la villa romaine de Péruwelz
les vaux, du latin vallum, en français le vallon.
Martinpré ou le pré de Martin.
le cul du sac ou terminus du chemin.
les minières où l’on a extrait le minerai de fer.
la falise, du latin falisa qui signifie falaise à bon air,
site très élevé de la commune, où l’air
est pur.
guemmerée, fer dépendant le l’abbaye de Lobbes, habitée
au 17e siècle par un nommé Gomery.
le tordoir ou stordoir, où l’on trouvait un lavoir public
habit en 1770 par Bernard Baussart.
la justice où les seigneurs rendaient la justice.
le purgatoire, où l’on faisait souffrir ceux qui avaient
étés condamnés à subir des châtiments
corporels.
les fonds morteaux, où l'on enterrait les morts et où
l’on a découvert un champ important d’urnes funéraires,
remontant au temps de la domination romaine (actuellement Rogenée). |