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 Le chemin de fer

La société de chemin de fer d’Entre Sambre et Meuse fut fondée en 1845 par convention du 27 mars 1845, la construction de notre chemin de fer fut adjugée à la société anglaise A.W. Richards & co. Il fut construit en 1846 et mis en exploitation en 1847.

La ligne Charleroi Walcourt longue de 22 kms fut ouverte le 27 novembre 1848. Par convention du 10 février 1897 l’Etat belge a racheté toutes les lignes exploitées par l’administration du Grand Central, mais n’a exploité notre ligne pour son compte qu’à partir du 1er juillet 1898. Dès le début, les voyageurs ne jouissaient pas du confort moderne. Il n’y avait que trois trains de voyageurs journellement dans chaque direction.

Les premières voitures étaient à clairevoie et à ciel ouvert; ce qui obligeait les voyageurs à se protéger contre la pluie et le soleil au moyen de parapluies. Par les froids rigoureux, on répandait sur le plancher une couche de foin ou de paille.

Ce chemin de fer est repris sur l’horaire officiel sous le n°l32. Sur notre territoire, on compte trois passages à niveau dont deux sont gardés jour et nuit. La gare en pierre, qui a remplacé un baraquement en bois est l’une des plus belles de la ligne. L’abondance des trains et leur bon horaire profitent surtout aux étudiants et aux nombreux ouvriers qui se déplacent aisément pour se rendre à leur travail. Au cours de la guerre 1914-18, les Allemands en avaient fait une ligne stratégique de première importance, surtout durant la campagne de Verdun.

Et voici une petite histoire locale authentique. Lors des travaux de construction de la ligne, un jeune homme de chez nous, âgé d’une quinzaine d’années, et qui jusqu’alors avait gardé les moutons, s’engagea pour porter la chaîne d’arpenteur avec les ingénieurs. Un jour, il assista à une discussion entre les ingénieurs au sujet d’un pont à jeter sur la Sambre.

Notre jeune homme osa soumettre aux ingénieurs le projet que lui-même avait conçu. Son projet fut accepté. Dès lors, le jeune homme monta, monta jusqu’à devenir M. Charles Squilbin, directeur du Grand Central.

A sa mort, survenue en 1898, à Anvers, les journaux belges publièrent en manchette des articles les plus élogieux sur la compétence du berger devenu ingénieur.

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