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 Les carrières

Nous ne reviendrons plus sur l’origine des roches calcaires de notre commune. Nous ferons aujourd'hui l’historique de nos carrières.

Il y a 3/4 de siècle, les deux premières carrières s’ouvrirent l'une au lieu dénommé depuis lors "les carrières", l’autre, au cul de sac. Ce qui reste de cette dernière ? des rochers hauts comme le clocher de l’église et, en contre-bas, les vestiges d’un four à chaux en partie recouvert de lierre et de lianes. Dans le même temps, une autre carrière fut ouverte sur la place.

De celle-ci, il ne subsiste qu’une falaise verticale(du haut de laquelle on gagne le vertige) et un amas de pierres éboulées et de terre où se trouvait le four à chaux. Vers 1875, on s’attaqua au flanc de la colline sur la rive droite de l’Eau d’Heure.

La carrière de la Falise était née. Bientôt ce fut la ruée le long du chemin du fond des bosquets où nous avons connu pas moins de cinq carrières. Plus tard, ce fut la carrière de Martinsart et quelques années après, Monsieur Baudoin exploitait le terrain joignant son habitation. Une activité fébrile régnait sur tous les chantiers. Ce fut pour la commune une ère de prospérité. Les carrières occupaient une centaine d’ouvriers. Patrons et ouvriers gagnaient largement leur vie.

C’était l’aisance dans tous les foyers. Oui, ils gagnaient leur vie mais combien ils peinaient dur les "rocteux" agrippés à la roche, suspendus à 10, 15 et 20 metres de hauteur. Dans cette position dangereuse, ils cognaient à tour de bras, de gros coups de masse pesant jusqu’à lOkgs pour forer des trous dans les bancs de pierre, jusqu’à la faille qu’ils remplissaient ensuite d’explosifs (le revolver à air comprimé n’existait pas encore). Ils étaient astreints à ces prestations éreintantes de 6h. du matin à 7 h. du soir. Pour chaque wagonnet de pierres qu’ils présentaient, ils recevaient une médaille représentant une valeur de 0,9fr, 1 fr ou 1fr25.

Cette industrie décrut après la guerre 1914-18. La chaux de Cour-sur-Heure fut remplacée par la chaux en poudre de Tournai et par le ciment. Il ne reste plus aujourd’hui qu’une seule carrière en activité. Elle est exploitée par M. Dupuis qui eut l’heureuse initiative de concasser les pierres et de les transformer en graviers de différents calibres pour l’empierrement des routes et la fabrication du béton. La carrière de la Falise vient d’être remise en état d’exploitation.

Souhaitons une nouvelle période de prospérité pour le bien-être de notre bonne population.
L’histoire de nos carrières serait incomplète si nous ne mentionnions pas la fête de S-te Barbe, le 4 décembre.

La veille, dès la reprise du travail de l’après-midi, on préparait les "pétards", on se mettait un petit verre dans le nez, et bientôt, dans toutes les carrières, se répondant comme un écho, les détonations déchiraient l’air.

Un brin de toilette et l’on se rendait chacun chez son patron. On offrait des fleurs, un cadeau, on lisait un discours de circonstance.

Ensuite on se mettait à table et l’on mangeait, et l’on trinquait, et l’on chantait jusqu’aux petites heures.

Le lendemain à 9 heures, tout le monde était au poste pour la messe chantée en l’honneur de Ste Barbe.

Et puis, c’était la visite des cafés et chacun, un peu plus bavard que de coutume s’en retournait à son logis où la ménagère avait mis la poule au feu.

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