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 L'Eau d'Heure

L’Eau d’Heure prend ses sources dans les bois de Cerfontaine. Les anciens la nommaient Edera. Etymologiquement, ce nom peut signfier Eau d’Hydre, c’est-à-dire, eau des marais. Et de fait, Presle et le Breux sont encore des marécages couverts d’ajoncs et d’autres plantes aquatiques où l’on risque de s’enliser.

Lorsque la rivière entre chez nous, elle est déjà grossie des eaux de plusieurs ruisselets. Sur notre territoire, elle reçoit le Ry du Tordoir ; elle va finalement se jeter dans la Sambre à Marchienne-au-Pont.

Elle nous arrive de Berzée, calme, tout à son aise. Près du pont de la ferme, elle se heurte à un barrage où, par un bief, elle faisait tourner les roues d’un moulin. A sa sortie du pont, ainsi que près du pont de la gare, les eaux viennent se casser sur des pierres amoncelées qui forment des gués. Mais n’allez pas croire que l’on puisse sans danger s’aventurer dans tous les endroits. Les eaux tranquilles recèlent des gouffres profonds où plusieurs imprudents ont trouvé la mort.

Ce qui caractérise l’Eau d’Heure chez nous, ce sont les méandres nombreux qu’elle décrit dans la vallée. Pourquoi ce cours ondoyant, capricieux sous les buisson d’aulnes et de saules? C’est un drame intime qui se déroule inlassablement à chaque instant dans le secret des eaux.

Les eaux descendent toujours en pente; s’il le faut, elles se créent une voie d’écoulement en grignotant les parties les plus tendres des roches qu’elle rencontrent. Lorsque le courant est rapide comme chez nous, elles vont se briser dans les coudes contre la berge concave qu’elles entament chaque jour davantage. Par contre, elles ralentissent leur cours vers la rive opposée (convexe) et y déposent les matières solides qu’elles tiennent en suspension.

C’est ainsi que sans relâche s’accomplit le travail d’érosion. L’on comprend les milliers et les milliers d’années qu’il leur a fallu pour creuser ces sillons tourmentés qui donnent à la rivière son aspect pittoresque.

Nous avons déjà dit que le Hurlugeai faisait partie de la juridiction de Thy-le-Château. Le cours de l’Eau d’Heure faisait la démarcation entre les deux territoires.

Pour conduire la guerre qu’il avait déclarée à la Hollande, le roi Louis XIV avait confié le commandement des armées du nord au maréchal de France, Luxembourg. Celui-ci ayant appris que le Prince d’Orange avait investi Charleroi, passa la Sambre. Parvenu à Beaumont, il fit un coude, passa l’Eau d’Heure le 6 août 1677 et prit la direction de Charleroi. Le Prince d’Orange s’empressa de fuir.

Et voici une légende mythologique :
L’on sait que dans les communes riveraines de l’Eau d’Heure, chaque fête populaire se termine par la danse caractéristique des sept sauts à laquelle prennent part les vieux comme les jeunes. Il est permis de croire que cette coutume très ancienne a des attaches à une croyance aux dieux païens de l’antiquité. Aux sons éclatants des cuivres, se mêlent les cris et les chants des danseurs. Les gestes qui accompagnent les incantations aux divinités rappelleraient les ponts nombreux jetés sur la rivière.

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