|
|
| Professions
disparues |
Aux 17e et 18e siècles, des ouvriers de Cour-sur-Heure étaient
passés maître dans l’art si délicat de la sculpture
du bois. On leur doit les boiseries de l’église ainsi que
les cheminées et les buffets de l’ancienne et de la nouvelle
cure. Plusieurs églises de nos environs ont fait appel à
leur savoir pour leur mobilier.
Plus tard, lorsque les carrières ont livré leurs produits,
chaque carrier s’est fait tailleur de pierres. La cour ou la façade
de chaque maison est devenue un petit chantier où, la journée
terminée, on taillait les moëllons, les rouleaux, les
seuils et les linteaux. Dans le même temps, on trouvait des
sabotiers dans tous les coins du village.
L’on vit également de nombreuses petites forges où
hommes et femmes rivalisaient pour fabriquer des clous de toutes
formes, mais surtout des "bossettes" pour les souliers
de travail. Il n’était pas jusqu’à l’instituteur qui
ne fût cloutier durant les mois d’été lorsque
ses élèves faisaient tous l’école buissonnière.
Ils gagnaient à ce travail 2,50 frs par jour.
Savez-vous pourquoi tel terrain vallonné de chez nous s’appelle
les minières? C’est parce que l’on y a extrait du minerai
de fer. Ce ne fut pas la période la plus facile pour nos
ouvriers. Les "tireux de mines" creusaient dans l’argile
gluante des galeries pour y chercher le minerai. Des minières,
hommes et femmes transportaient à la brouette des charges
écrasantes jusqu’à la rivière où les
femmes lavaient des pierres ferrugineuses pour les débarrasser
de leur gangue de terre.
Cette exploitation a été abandonnée à
cause de la teneur trop faible en fer. Fermé l’ouvroir du
charron à Malakof où l’on allait s’approvisionner
de copeaux pour la flambée. Abandonnée la forge où
tôt et tard, à la clarté d’une lampe fumeuse,
le maréchal-ferrant faisait résonner le marteau sur
l’enclume d’où giclaient des milllers d’étincelles. |
|