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le symbole des 5 villages: chateau communal de Ham sur Heure, l eglise de Jamioulx, le chateau de Nalinnes, la tourette de Marbaix et le Bidaudeux de Cour sur Heure
 
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 Superstitions ou légendes

Il y a cinquante ans, à l’entrée du village, on eût pu placer un écriteau ainsi conçu :"Ici, c’est le royaume de la superstition." Rares en effet étaient les foyers qui n’étaient pas contaminés par ces ridicules aberrations. Les cartomanciennes, les diseuses de bonne aventure et les vendeurs d’horoscope avaient ici une clientèle nombreuse et fidèle.

Voici quelques exemples entre beaucoup d’autres:
Les vieilles femmes aux yeux rouges étaient des sorcières malfaisantes dont la seule vue inspirait l’aversion et la crainte. On s’en détournait, on les évitait; ordre formel était donné aux enfants de s’enfuir à leur approche et surtout de refuser tout petit cadeau qu’elles auraient pu leur offrir.
Si, par une nuit de clarté lunaire, un hibou venait se poser sur le toit d’une maison en déchirant le calme par son hululement lugubre, c’était le présage certain d’un décès prochain dans cette maison.
C’était aussi l’annonce d’un autre décès dans le voisinage, si un mort passait un dimanche sur son lit.
Enterrer quelqu’un le vendredi c’était s’exposer à de grandes calamités.
La tourelle de droite du château, dénommée la tour des revenants, abritait des fantômes qui sortaient la nuit.
Un bon vieux avait trouvé deux pièces de un franc contre une grosse pierre au fond des bosquets. Naturellement il les ramassa; mais ayant remarqué que l’on avait tracé une croix sur ces pièces, il s’empressa de les remettre près de la pierre parce que ces pièces ensorcelées auraient pu lui procurer des ennuis d’ordre financier.
Et cette femme qui faisait bouillir sa viande dans laquelle elle avait piqué des aiguilles pour découvrir la personne qui la "tchouquait".
Et le fameux tirage au sort, ce qu’il hantait l’esprit des parents et des conscrits! La nuit qui précédait le jour tant appréhendé, en grand secret, on appelait l’homme qui avait le pouvoir magique de faire tirer un bon numéro. Là, dans une chambre bien close, l’homme que nous appellerons Djean se livrait à des passes mystérieuses en prononçant des paroles cabalistiques. Si le conscrit prenait un bon numéro, c’était grâce à l’intervention de Djean. Si au contraire, le jeune homme avait tiré un mauvais numéro, c’est qu’il n’avait pas suivi les conseils du magicien; à moins toutefois que la première personne qu’ai rencontré le conscrit, ne fut une femme qui avait détruit le pouvoir de Djean!

Et oui! Mesdames, il paraît que toutes les filles d’Eve, en cette circonstance étaient des messagères de malheur.

Je pourrais en citer bien d’autres. Mais en voilà assez pour faire comprendre dans quelle ambiance on vivait à Cour il y a un demi siècle.

Ne nous hâtons pas de jeter la pierre à ces superstitieux. C’était de braves gens qui tant de fois, au coin du feu, à l’ombre dansante d’une lumière avare, avaient entendu ces contes fantastiques qu’ils créaient et vivaient eux-mêmes.

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