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Que faisait-on ?
L'artisanat est source de richesse. L'étroite vallée
groupe forgerons, cloutiers, affineurs, tanneurs. La rivière
et ses affluents fournissent la force motrice aux uns, en même
temps qu'ils dispensent les eaux de lavage aux autres. On file
la laine à domicile, et on y tisse aussi. Ce petit monde
gravite autour du château et des colons qui en dépendent
: ces derniers ont perfectionné leurs outils et leurs instruments
aratoires; c'est d'eux que dépend la production des choses
nécessaires à la vie : le blé, la viande
et la laine. L'élevage des porcs et des bêtes à
laine étend sa renommée au-delà de l'Entre-Sambre-et-Meuse.
Propriété - location - disparition du servage.
A partir de cette époque, le régime de la propriété
terrienne et de son exploitation se trouve modifié. Le
serf ou le colon, s'il a été travailleur, s'est
enrichi. On le comprendra aisément, si l'on songe qu'il
reçoit six ou sept bonniers (de 87 ares) à exploiter
et qu'il n'en doit au seigneur que la récolte du sixième
ou un peu plus, ce qui représente à priori et en
tenant compte de la fourniture des semences, une centaine de francs
contre trois cent soixante-quinze.
Petit à petit, il s'est affranchi. Les fermages ont été
rachetés, chacun y trouvant mieux son compte, et le régime
des salaires est venu se greffer sur celui de la corvée,
au point de le remplacer bientôt en mainte région.
On verra la terre s'acquérir ainsi comme capital, uniquement
par prestation de travail.
Le servage tend à disparaître sous la pression de
conditions économiques nouvelles.
Une autre source de revenus, qui fera d'ailleurs pendant quelques
siècles l'objet de contestations interminables, est pour
le manant la jouissance de ces terrains banaux, bois ou vaines
pâtures, où le bétail broute librement.
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