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Les troubles du XVIe siècle


Le 8 mars 1487, Richard de Mérode, seigneur de Houffalise,... écuyer, fit relief (1) par décès de Messire Louis d'Enghien, son grand'oncle, de "fortrece et terre de Ham-sur-Heure".
C'est à partir de cette date, que les de Mérode se succédèrent, sans interruption, comme maîtres après Dieu de la terre de Ham-surHeure.
Les troubles de la Réforme jetaient le désarroi dans les provinces soumises au Roi d'Espagne. Sans y être immédiatement intéressée, la Principauté de Liège en subit les contrecoups et, comme les idées nouvelles attaquaient l'Eglise autant que le trône, les protestants considéraient la petite nation liégeoise, qui obéissait à la crosse, comme pays ennemi.
Des bandes de pillards ou de mercenaires à la solde du Prince d'Orange ou de quelque dynaste allemand ne se firent pas faute, au cours de la seconde moitié du XVIe siècle ou au début du XVIIe siècle, de porter le désordre et la dévastation dans nos villes et nos villages.


(1) Les propriétaires devaient faire le "relief" de main à bouche, à leur entrée en jouissance et lors de la prise de possession de la seigneurie par un nouveau seigneur et payer certains droits. Le relief des fiefs était accompagné de certaines cérémonies, par exemple le nouveau propriétaire plaçait sa main dans celle de son seigneur pour reconnaître sa suzeraineté. Le droit de relief était souvent égal au revenu d'une année.

C'est ainsi que le 25 juillet 1583, sous l'Episcopat d'Ernest de Bavière , Ham-sur-Heure ou, tout au moins, la partie du village située au lieu-dit le Montant et avoisinant l'église, fut incendiée par des pillards venus de Bruxelles.
Sans doute, le Bourg doit-il d'être épargné au voisinage des menaçantes courtines du Château.



On trouve mention de ce dramatique épisode, dans le répertoire des conclusions capitulaires du Chapitre de Saint-Lambert. A côté du récit de l'événement, le secrétaire du Chapitre a simplement tracé ces mots : "Mesures à prendre".
Il serait assez intéressant de les connaître. On sait que cette période de notre histoire, sous l'épiscopat d'Ernest de Bavière, fut particulièrement troublée : le pays de Liège se trouva spécialement livré aux exactions de toutes sortes, non seulement de la part des Hollandais, des protestants, des Gueux mêlés à de "Francs pillards", mais aussi de la part des troupes royales "qui ne valaient pas mieux que les autres". On vivait sous le signe de la violence. Les Gueux, qui marchaient au nom de la liberté, étaient aussi intolérants que leurs adversaires, qui se fondaient sur le principe de l'autorité.
A la suite des essais de médiation entrepris par l'évêque de Liège et l'archevêque de Trêves, et qui furent un échec, après la visite de Liévin Torrentius et de Guillaume de Berghes faite à Tournai au Gouverneur Alexandre Farnèse, en juin 1585, pour recommander le Pays de Liège, le Prince ordonna, le 18 juillet 1587, en vue d'empêcher les excès des pillards, qui n'avaient point cessé, que tous les hommes valides, de dix-huit à soixante ans, s'armeraient et s'organiseraient, sous les ordres des chefs qu'il leur donnerait, pour défendre leurs biens, leurs femmes et leurs enfants, contre les envahisseurs, et pour maintenir l'ordre public.
Une autre mesure fut de décréter que les hauts fonctionnaires fussent des gens dévoués au pays, des nobles nés au pays, et y possédant des biens. En 1591, des soldats furent levés et envoyés dans les endroits les plus menacés.
Il semble bien que l'on prit à Ham-sur-Heure les mêmes mesures qu'ailleurs et qu'elles y furent particulièrement bien respectées.
Nous ordonnons en oultre, disait le mandement adressé par Ernest de Bavière, archevêque de Cologne et Prince-évêque le Liège, de faire par tous les mayeurs de vostre office, faire reveute de tous nos subjects idoines à porter les armes, et de les rédiger en ordre leur donnant sept à huit officiers pour leur commander, les faisant tenir prest à toute heure.
C'est, sans doute, le statut de nos Compagnies de Marcheurs, dont la tradition s'est maintenue jusqu'à nos jours.


On sait aussi que les garnisons royales de Mariembourg et de Philippeville donnèrent également aux villages de la contrée de nombreux sujets de plainte. En 1595, le Prince-évêque chargea le Bailli de l'Entre-Sambre-et-Meuse, de faire une enquête sur les déprédations commises et ordonna de mettre sur pied, dans chaque village, les hommes en état de porter les armes.


Quoi qu'il en soit, depuis la date tragique de 1583, les habitants du Montant ne reconstruisirent pas tous leur maison et beaucoup descendirent dans la vallée, pour y chercher une protection naturelle. Seule l'église resta, avec le cimetière, jusque vers l'an 1820.
Quelques maisons anciennes subsistent, notamment celle qui doit avoir été le presbytère. Un puits, au milieu d'un jardin, permettrait de supposer l'existence d'une maison à cet endroit. Un habitant du lieu, il y a quelques années, en fouillant dans son jardin, a découvert des restes de fondations et des traces de caves.


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