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C'est en 1738, que l'on pava la place communale et les rues
adjacentes.
Le château était une source d'activité et
d'animation pour le Bourg. Le marquis de Deynze , entreprenait
un grand nombre de sujets en grande et petite livrée,
une phalange de musiciens et même parmi eux un nègre
joueur de flûte. Le marquis avait aussi à son service
privé un courrier qui se rendait à Bruxelles trois
fois par semaine.
Devant le château, il y avait, autrefois, une place publique.
C'est un ancien régisseur, Monsieur de Saint-Omer, qui
la supprima, probablement vers 1800, en faisant construire un
mur en alignement avec le chemin. C'était la "Cowarte".
La jeunesse venait fêter la Saint Martin, en brûlant
au milieu de cette place un "grand feu". Elle dansait à
l'entour. Le bois qui servait à l'alimenter, était
fourni par le châtelain.
C'est sur cette place que l'on plantait aussi l'arbre de mai.
Il était pris dans la coupe de l'année. On le
plantait le 1er mai ; il demeurait en place tout le mois, puis,
il était vendu au profit de la jeunesse.
A la ducasse, on se réunissait sur la place communale
et, par couples, on dansait, musique en tête, jusqu'au
château, dans la cour duquel on exécutait mille
évolutions dont se réjouissaient fort le châtelain
et sa famille .
A Hameau, fin mai début juin, une petite fête animait
de musiques et de danses les cabarets où s'attablaient
les joueurs de cartes et où s'organisaient les concours
de jeux de quilles.
C'était la "Ducasse aux veufs" ; ces derniers constituaient
les enjeux principaux. On jouait pour un quarteron d'oeufs que
l'on faisait cuire et que l'on mangeait ensuite en buvant de
la bière à grandes potées.
La vie économique de 1600 A 1800
La Guerre de Cent Ans, nous l'avons vu, et, après elle,
l'invention de l'imprimerie, la découverte du Nouveau
Monde, les troubles de la Réforme et aussi, l'épanouissement
des idées de la Renaissance amenèrent des bouleversements
sociaux et économiques profonds qui annoncent déjà
ceux de notre époque.
Ces répercussions se manifestent sous deux aspects.
Le premier se présente sous les apparences d'un appauvrissement
général et, par comparaison, avec les autres,
des populations rurales, appauvrissement qui semble aller de
pair avec la défaveur que connaissent les liens féodaux
et les droits féodaux, avec leur relâchement aussi
par la création d'une noblesse de cour qui supplante
celle de la terre et qui constitue une attirance pour les fils
des grandes familles.
Cet appauvrissement est le résultat des conditions de
vie rendues précaires ou difficiles par suite des guerres
et de leur conséquence fatale, l'exode des paysans vers
les centres urbains.
C'est que concurremment se développent des villes nouvelles
créées ou accrues par les nécessités
d'une industrialisation qui, petit à petit, vient bouleverser
l'ordre qu'avait établi le régime artisanal et
corporatif du moyen âge.
Ce second aspect des répercussions économiques
provoquées par les idées nées avec les
temps modernes provoque la formation de grandes cités,
centres d'affaires, de travail, de commerce où s'échafaudent
en peu d'années, des fortunes considérables ;
où l'on voit des familles se créer des positions
qui les assimilent à la noblesse indiscutée la
plus ancienne.
Dans ces centres afflue une population ouvrière besogneuse
pour laquelle la ville est d'un attrait irrésistible
et qui constituera ce que les économistes sociologues
nommeront à la fin de la première moitié
du XIXe siècle le "prolétariat".
A Ham-sur-Heure se juxtaposeront précisément ces
deux aspects de l'économie générale qui
caractérise l'ancien régime à son déclin.
A quelques kilomètres vers le nord, grandit le cratère
charbonnier et industriel de Charleroi ; mais, si au "Bourg",
et dans certains de ses hameaux on voit prospérer et
s'enrichir un artisanat industrialisé, d'autre part,
les souvenirs y sont restés vivaces des difficultés
que rencontrent les "manants" et ceux qui s'adonnent à
l'agriculture et à l'exploitation forestière.
Pour ces derniers, on constate, par exemple, que la plus-value
des terres rend leur possession plus précaire parce que
leur rentabilité n'a pas suivi la même courbe ascendante
et qu'elle a pour conséquence une augmentation des exigences
des propriétaires. Il s'en suit que les travailleurs
ruraux se heurtent à mille et une difficultés
dès qu'ils cherchent à conserver les avantages
que leur procuraient la jouissance des droits d'usage et de
vaine pâture sur des biens seigneuriaux ou appartenant
à la communauté. Ces droits constituaient, pour
eux, de vrais suppléments de gage.
Un coup d'oeil dans les registres aux Causes des communautés
féodales de la Principauté est édifiant
: ils sont remplis de palabres, de conflits, de procès
sans fin ayant pour objet le respect de ces droits, enregistrés
par la tradition moyenâgeuse.
Il ne faudrait cependant pas exagérer à priori
l'importance de ces droits, surtout pour un simple journalier
; le temps que le pauvre laboureur passe dans la forêt,
par exemple, à abattre et à fagoter du bois pour
l'hiver est à déduire des deux cent cinquante
jours ouvrables de l'année. Vaut la même remarque
s'il conduit sa vache ou ses brebis aux pâturages banaux.
Mais, il faut comprendre que le "rural" ne doit compter pour
vivre que sur l'effort de son bras et si, pour profiter de ces
avantages, la famille champêtre doit dépenser une
somme de travail supplémentaire, au salaire de l'exploitant
du lopin de terre qu'elle fait valoir, elle joint une rente
du sol commun.
Ainsi avec peu de dépenses, le bétail s'entretient
eu égard, comme l'écrit Olivier de Serres dans
son "Théâtre de l'Agriculture", à celles
qu'il convient faire pour les blés et les vins.
Mais on comprend aussi que le nombre de bouches à nourrir
ayant augmenté par l'accroissement de la population,
il ait fallu accroître la superficie des terres cultivables
et défricher nombre de bois ou landes en rognant sur
les droits coutumiers. Ces droits constituaient d'ailleurs un
gaspillage de terre au détriment du corps social.
Au XVIIIe siècle, le bétail est maigre et la viande
reste un aliment de luxe. Cependant une vache ne coûtait
en 1739, que huit écus et six esquelins, ce qui représentait
environ cinquante francs de la monnaie de 1914.
Le salaire annuel d'un manoeuvre calculé sur 250 journées
de travail correspondrait à peu près à
410 ou 570 francs de 1914, somme qu'il conviendrait de multiplier
aujourd'hui par 30 environ.
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