L'abbaye de Lobbes, qui s'élevait
sur la rive gauche de la Sambre, à 3 Km au nord-est de
Thuin, fut fondée en l'an 655 par St.Landelin. Elle se
classe parmi les plus anciennes abbayes qui ont été
établies sur le sol belge.
St.Ursmer, premier abbé
(mort en 713), fut enterré dans l'église de
Lobbes et, au Xième siècle, après sa
canonisation, l'église lui fut dédiée.
Les religieux de Lobbes paraissent avoir suivi de fort bonne
heure la règle de St.Benoît, le législateur
du Mont Cassin.
En 868/869, l'évêque
Jean de Cambrai, en exécution de l'ordre du roi Lothaire
II, fit rédiger la liste exacte des propriétés
de l'abbaye de Lobbes. Cet inventaire qui porte le nom de
polyptyque ou pouillé, est parvenu jusqu'à
nous. Il comporte 184 villas ou établissements agricoles
dont l'éparpillement est considérable. Une
grande partie voisinait le monastère, une cinquantaine
de villas étaient situées dans la Hesbaye,
la Taxandrie, les Flandres, le Vermandois, le Laonnais,
le Rémois et la Kipuarie (Prusse).
Parmi les localités
de l'Entre-Sambre et Meuse citées dans le polyptyque,
nous relevons:
Berzée, Rognée,
Erpion, Barbançon, Castillon, Mertenne, Clermont,
Strée, Ragnies, Biercée, Leers, Thuillies,
Gozée, Donstiene, Marbaix, Ham-sur-Heure, JAMIOULX,
Montigny-le-Tilleul, Marchienne, Mont-sur-Marchienne, Nalinnes,
Somzée, Laneffe, Chastrès, Pry, Thy-le-Château,
Cour-sur-Heure, Fraire, Fairoul, Stave, Silenrieux, Graux,
Denée, Biesmerée, Bioul, Serville, Fosse,
Matagne, Dourbes, Vierves, Gonrieux et Dailly.
En 889, Arnould de Carinthie,
roi de Germanie, donna le monastère à François,
évêque de Liège, qui le reçut
en pleine propriété et à perpétuité
pour son Eglise.
D'après cette donation,
une moitié fut attribuée aux religieux pour
leur subsistance, l'autre moitié passa parmi les
revenus de l'Eglise de Liège. Cette dernière
part comprenait, entre autres, les villas du "Pagus" de
la Sambre avec le prieuré d'Aulne et surtout le château
de Thuin avec les nombreux fiefs qui en relèvent.
Pendant les 70 premières années de la réunion
à l'Eglise de Liège, le monastère resta
sous l'autorité directe du prélat liégeois.
En 961, l'évêque
Eracle désirant soustraire l'abbaye aux troubles
et aux compétitions qui agitaient souvent l'évêché
de Liège, rendit à Lobbes son indépendance
en lui donnant un abbé particulier. Cet acte capital
restaura la vie religieuse dans sa pureté primitive
et exerça une grande influence sur les études
à Lobbes.
En résignant la dignité
abbatiale, Eracle réserva à l'Eglise de Liège
la plupart des biens du monastère ; c'est ainsi qu'une
grande partie de l'Entre-Sambre et Meuse passa au pays de
Liège.