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| Histoire
de Jamioulx: Les pasquîyes. |
A l’exception de la ducasse annuelle, toutes les coutumes d’autrefois
ont disparu ; il faut dire qu’à l’époque, les distractions
étaient plus rares qu’aujourd’hui, d'où le caractère
solennel que revêtait certaines fêtes.
C’était le cas, par exemple, pour la SAINT GREGOIRE qui
se fêtait le 12 mars ; les écoliers apportaient un
œuf de poule à l'école, le maître les frappait
l’un contre l’autre et le plus résistant désignait
son propriétaire roi du jour, il en était de même
pour la reine. Par la même occasion, on désignait
le "cache-baudet" qui serait chargé, lors des
promenades, de ramener au groupe, les traînards.
Pour en revenir aux œufs, ils n’étaient pas perdus pour
autant, l’épouse du maître les employait pour faire
des tartes que l’on dégustait tous ensemble, tandis que
l'on fêtait le maître en lui offrant du chocolat,
des pipes en terre et autres objets. L’après-midi était
consacré à une longue promenade dans une localité
voisine.
Quant à la DUCASSE, elle avait lieu le 1er dimanche de
septembre et durait trois jours ; trois jours de mangeailles et
de beuveries (il n’y avait pas moins de 44 "cabarets"
au village !) suivies chaque fois d’un bal populaire.
Le mardi après-midi, avait lieu le MARCHE COMIQUE où
des travestis parcouraient le village en faisant des pitreries
et des farces de toutes sortes à leurs concitoyens.
Après ce marché comique, tout le monde se réunissait
sur la place où était dressé un immense bûcher
; on y boutait le feu et, jusqu’au petit matin, ce n’était
que farandoles au son de la fanfare ; on appelait cette cérémonie:
"enterrer l'ducace"
A part cela, Jamioulx ne connaissait guère d’autres distractions
que le jeu de balle, le jeu de quilles, les carrousels à
chevaux de bois, et les festivités carnavalesques.
Il ne faut toutefois pas oublier l’élément le plus
caractéristique du folklore de Jamioulx "LA PASQUIYE"
La pasquîye de Jamioulx était une longue chronique
satirique (très gauloise), en vers wallons, racontant les
fredaines faites par la jeunesse locale pendant l’année
écoulée. ( Ci-contre, une des vingt-huit pages que
comptait une "pasquîye" dont je n’ai pu déterminer
la date.)
En fait, la pasquîye était à la fois un divertissement
et une sorte de censure des moeurs. La dernière a eu lieu
en 1930 à l’occasion des fêtes du centenaire. Magrand’mère
affirme même que si quelqu’un n’était pas cité
dans la "pasquîye", il en était fiché
et contrit...
La "pasquîye" était lue par deux chefs
de jeunesse, juchés sur un char, devant l’église,
l’après-midi du dimanche qui suit le mardi-gras, et le
soir, c’était "LE GRAND FEU", coutume toujours
en vogue dans certains pays de l’Europe centrale, et qui consiste
à chasser les malheurs de l’hiver et à saluer le
printemps.
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