Les villages de Gozée et de
Marbais étaient, comme je l’ai dit, réunis sous
une seule et même seigneurie, mais ils avaient chacun leur
administration propre.
Les biens seuls étaient possédés en commun,
et leurs revenus partagés, de temps immémorial,
à raison de 3/5 pour Gozée et de 2/5 pour Marbais.
Le Bourgmestre était élu
pour un an aux Plaids généraux tenus le 25 juin
de chaque année à Gozée. et y prêtait
serment. II n’était assisté d’aucun échevin
ou conseiller. Il dirigeait sa, communauté, et en rendait
compte chaque année aux Bailli, Maïeur, échevins
et bourgeois de Gozée et Marbais assemblés aux Palais
généraux de St Jean Baptiste.
Les deux communautés possédaient
en commun, notamment le bois dit de Gozée , d’une superficie
de 500 à 600 bonniers
.
En 1740, un important procès eut lieu entre elles au sujet
du partage des coupes de bois. Les Gozéens voulaient que
la répartition se fit par tête d’habitant, tandis
que les Marbaisiens exigeaient le statu quo, et prouvaient que,
depuis 150 ans, la répartition avait toujours été
faite sur le pied de 3/5 et 2/5.
Le 16 septembre 1743, les majeur et échevins de la Cour
et Justice de Gozée et Marbais jugeaient Marbais fondé
dans son action, et condamnaient Gozée aux frais. Aujourd’hui
encore, le partage des revenus des 207 Ha. de ce bois, possédé
en Indivis par les deux communes, se pratique sur le pied de 3/5
pour Gozée et 2/5 pour Marbaix-la-Tour. Quant aux
autres biens communaux en indivis, ils ont été partagés
dans la même proportion.
Dans la liste des bourgmestres de Marbaix-la-Tour depuis
1534, on relève des noms de famille existant encore à
Marbaix et environs: Jean Marlier (1674) ; Jacques Charton (ou
Cherton 1687) ; François Bultot (1718) ; Simon Marlier
(1731) ; Pierre Gérard (1737) ; Pierre Marlier (1764) ;
Jean Ranwez (1781) ; Philippe Maquet (1784) ; Philippe Boulenger
(1786); Higuet (1804) ; Louis Dewooz t1816) ; t’Serstevens Troye
(1861) ; Emile Bailleux (1879) ; Camille Marcoux (1885) ; Antoine
Gérard (1898).
Après la bataille de Fleurus
le 26 juin 1794, la Belgique fut réunie a la France, et
l’ancien régime aboli.
C’est en 1795 que Marbaix-la-Tour fut érigé
en commune. Cependant, en 1796, la Convention imposa une nouvelle
municipalité par canton, et non plus par commune. La municipalité
de Thuin dont firent partie pour Marbaix, Thomas Dubois et Ant.
Bolle fut établie le 14 janvier 1796. Sous le Consulat,
nouvelle modification qui attribuait aux Préfets la nomination
des maires, adjoints! et conseillers. Ce régime dura jusqu’à
la révolution belge en 1830.