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| Histoire
de Marbaix la Tour: Culte, églises, dîmes. |
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La grosse et la moyenne dîme
appartenaient au Prince-Evêque de Liège, sauf celle
due sur les bêtes vivantes qui revenait aux curés
de Marbais et de Gozée. Ceux-ci avaient aussi le droit
de percevoir des dîmes novales et celles des sarts dans
la proportion de 2/5 et 3/5 respectivement pour Marbais et Gozée.
Le Prince-Evêque percevait la dîme et donnait chaque
année au curé pour portion raisonnable une somme
de 50 écus (de Liège). Le gros du revenu consistait
en 20 bonniers de terres diverses, en plusieurs lopins pour chacun
desquels le curé était tenu de célébrer
une messe annuellement.
Le curé possédait une maison servant de presbytère.
Il percevait annuellement de chaque ménage marié:
de la femme un quartier et demi d’avoine de l'homme un quartier
et demi d’épeautre, ce qui représentait pour tout
le village environ 10.000 litres d’épeautre et avoine,
était obligé de ce chef de célébrer
trois messes toutes les deux semaines aux intentions des habitants,
il percevait en outre 2 liards sur chaque feu et chaque vache,
et un sol sur chaque poulain.
Enfin, il prélevait la dîme sur les laines, agneaux,
poulets et cochons, soit la valeur de 10 écus par an. Il
recevait aussi 20 florins par an pour plusieurs petits anniversaires
Les terres qui formaient autrefois le revenu principal de la cure
de Marbaix appartiennent aujourd’hui à la Fabrique d'Eglise,
en vertu de l'acte du 22 mars 1822 du roi Guillaume des Pays-Bas.
Elles avaient été laissées à la cure
par Gérard de Droesbeek, Prince-Evêque de 1564 à
1581, à charge de célébrer des messes pour
le repos de son âme.
Une église dédiée à St Martin fut
construite au XII siècle. Rebâtie en 1534, elle fut
rédifiée en 1684, ainsi que le rappellent deux pierres
encastrées en 176l dans le mur de sa tour, à droite
de la porte d’entrée,
La première de ces pierres porte l’inscription " Max Epus
Jussit Repri "; la deuxième : "Ao 1894". Ces deux pierres
ont été utilisées en 1894 comme vieux matériaux
lors de la démolition de l’église. La deuxième
est actuellement encastrée dans le mur du jardin de la
cure. La première a disparu.
Lors de la reconstruction de l’église en 1684, le vocable
St Martin fut remplacé par celui de St Christophe. En 1767,
le Prince-Evêque Charles d’Oultremont fit reconstruire l'église
de Marbais. Les documents relatifs à ces travaux font une
mention spéciale de la tour de l’église qui fut
voûtée et plafonnée en partie en 1769. En
1783, le Prince-Evêque ordonna la reconstruction des murs
de la tour sur laquelle on reédifia l’ancienne flèche
préalablement démontée.
L’autel principal de cette église avait été
donné par le baron de Haxhe, chanoine capitulaire de la
cathédrale de Liège, seigneur de Gozée et
Marbais. Les deux confessionnaux furent placés par le curé
Lanseval (XVIe siècle).
Quant à la chaire de vérité, elle fut donnée
à l’église par J.S. Le Ratz, seigneur de Lanthenée.
Tout ce mobilier ayant été jugé de gabarit
insuffisant pour la nouvelle église bâtie en 1894,
fut dispersé. On peut encore voir la chaire de vérité
dans l’église de Cour sur Heure où elle a échoué.
Elle est ornée d’un écu, sans arme, sommé
d’une couronne.
L’église de 1767, devenue insuffisante et menaçant
ruine, elle fut démolie et remplacée par l’église
actuelle (1894). C’est à cette date que fut désaffecté
le cimetière qui ceinturait les églises précédentes.
C’est maintenant la place Gendebien.
Les trois autels, le banc de communion, les stalles, la chaire
et les deux confessionnaux ont été exécutés
par les ateliers de l’Ecole St Luc à Tournai, pour la somme
de 8000 F, dont 6000 F furent donnés par M. t’Serstevens-Troye,
ancien sénateur et ancien bourgmestre de la commune.
Au XVIIe siècle, l’église de Marbaix possédait
deux cloches. L’une pesait 2200 livres et portait l’inscription
" Restaurata 1739 P. Guillemin et F. Canard m’ont fait". Elle
était ornée de deux écussons aux armes de
Georges Louis de Bergues, duc de Bouillon, marquis de Franchimont,
comte de Looz et de Homes, qui fut prince évêque
de Liège de 1724 à 1744. On y remarquait aussi un
évêque avec mitre, crosse et chape, la Vierge et
un crucifix.
La deuxième pesait 1900 livres et portait des écussons,
un crucifix, des épis de froment, et l’inscription «
Campana haec Ecclesiae Marbasiance Sumptis …cis Marteleux et commutatis
restaurata et Christo consecrata In honorein Virginis Mariae de
Monte Carmelo, sub Matthia Faulchamps (1) pastore, Gonset consul
(bourgmestre), Anno 1652.»
Ces deux cloches ont été volées, par les
Allemands en 1943 et: n’ont jamais été retrouvées.
Elles ont été remplacées par les trois cloches
actuelles dont la grosse et la petite ont été fabriquées
en 1951, la moyenne en 1948. Toutes les trois sortent des ateliers
de la firme Michiels fils, à Tournai.
Elles viennent d’être électrifiées cette année.
En 1961 un carillon de six
cloches a été placé à l'intérieur
du clocher. Il sonne les heures les demies et le glas. En outre,
à 7 h, 12 h et 20 h, il égrène les notes
cristallines de l’Ave Maria de Lourdes et les trois coups de l’Angelus.
La fondation de la paroisse parait remonter au XIIe siècle,
bien que la liste des curés en ma possession ne commence
qu’en 1570.
L’exercice du culte ne paraît pas avoir trop souffert du
fait de la Révolution Française, car le curé
d’alors, Jean Antoine Lallemand, qui fut curé de 1791 jusqu’à
sa mort en 1809, avait prêté le serment exigé
par l’arrêté du consul du 7 pluviose an VII.
(1) curé en 1622.
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