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Nous avons vu dans un numéro précédent du
" Marloyat " comment le nom de Nalinnes apparaissait au polyptyque
des biens de l'abbaye de Lobbes en 868.
Nalinnes a été
donné à l'abbaye de Lobbes peu après
sa fondation soit vers 686 par le roi franc Dagobert et pendant
plus de mille ans notre commune suivit la destinée
de ce célèbre monastère.
En tant que dépendance
du Monastère de Lobbes, la paroisse de Nalinnes participait
chaque année au pèlerinage des Bancroix qui
avait lieu à Lobbes le 25 avril, fête de saint
Jean l'Evangéliste. Septante-deux paroisses y participaient
et y allaient vénérer les précieuses
reliques de saint Pierre ainsi que celles des premiers prélats
de l'abbaye, les vénérables saint Ursmer, saint
Ermin, saint Albert, etc... Voici d'autre part comment Nalinnes
et l'abbaye de Lobbes passèrent sous la juridiction
des princes évêques de Liège.
Dans le haut moyen âge,
les souverains disposaient arbitrairement des revenus des
monastères dont une grande partie était souvent
cédée à des laïcs. Le roi de Lorraine
donna l'abbaye de Lobbes à Carloman, fils de Louis
le Germanique. Après Carloman, ce fut Hugues, fils
de Lothaire Il qui la reçut et enfin Francon, évêque
de Liège à qui elle fut donnée par Louis
le Bègue, roi de France. Enfin le même évêque
la reçut en pleine propriété avec son
territoire, ses églises, ses bourgs, ses villages,
ses familles et ses serfs, d'Anould, roi de Germanie, le 15
novembre 889.
Cette donation comprenait en
premier lieu les revenus de l'abbaye, sauf la part à
laisser aux religieux, aux pélerins et aux pauvres
et en second lieu le pouvoir temporel. Ainsi le pouvoir judiciaire
et législatif exercé jusqu'alors par l'abbé
de Lobbes, passait entre les mains du prince évêque
de Liège.
Au neuvième siècle,
la principauté de Liège formait un vaste territoire
tout à fait indépendant s'étendant de
Beaumont à Bouillon, de Saint-Hubert à Stavelot
et de Chimay à Maesyck.
Cette principauté gouvernée
par l'évêque de Liège garda son indépendance
pendant près de dix siècles et c'est de leur
plein gré que les Liègeois demandèrent
leur rattachement à la République Française
lors des temps troublés de la révolution de
1789.
La ville de Liège conserve
et restaure avec un soin jaloux le splendide palais des princes-évêques
qui est une des plus pures merveilles de l'architecture wallonne.
En 1018, Wolbodon, évêque
de Liège donna le domaine de Nalinnes au chapitre de
l'église Ssint-Barthélemy à Liège,
à charge de pourvoir aux soins spirituels de la localité.
L'église Saint-Barthélemy
avait été fondée le 28 octobre 1016 par
un de nos proches voisins Godescalc de Morialmé alors
grand prévôt de Saint-Lambert qui refuse par
humilité la charge de prince-évêque à
la mort de Wolbodon en 1021.
Le chapître de Saint-Barthélemy
était composé de trente chanoines. C'est lui
qui jusqu'en 1 797 nommera les curés de la paroisse
de Nalinnes et partagera avec eux la dîme que notre
commune rapporte annuellement.
Mais le pouvoir temporel restait
aux mains du prince évêque qui le céda
bientôt à la famille des de Morialmé.
Extrait de LE MARLOYAT - N°
7 - Décembre 1966. |