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Faisant partie de l'ancien pays de Liège notre commune
était gouvernée tant au temporel qu'au spirituel
par le prince-évêque de Liège. Bien que rendue
totalement indépendante par les empereurs d'Allemagne sous
l'épiscopat du grand Notger, la principauté formait
toujours partie du saint empire romain germanique et ce jusque
la révolution française de 1789.
Les princes-évêques
déléguèrent la plus grande partie de
leur pouvoir spirituel au chapitre de l'église Saint-Barthélemy
de Liège. Ce chapitre était composé de
trente chanoines qui nommèrent les curés de
Nalinnes jusqu'en 1797 et prélevèrent la dîme
pendant la même période. Cette dîme était
partagée entre le chapitre et le curé de la
paroisse.
Les messieurs de Saint-Barthélemy,
comme on les appelait, étaient en outre chargés
de l'entretien, de la restauration voire même de la
reconstruction de l'église de Nalinnes.
La dîme était perçue
dans une ancienne ferme restaurée après incendie
il y a septante cinq ans et qui porte toujours le nom de ferme
de la Dîme. h est très probable que c'est cette
ferme comprenant 15 bonniers de terre soit un peu plus de
dix hectares qui fut déclarée appartenir au
chapitre de Saint-Barthélemy lorsque le 15 février
1797 les commissaires du département de Jemappe vinrent
faire l'inventaire des biens appartenant aux congrégations,
couvents, chapitres, etc... supprimés par la loi du
5 frimaire.
Les décimateurs de cette
époque, Nizet, Thibaut et Bierlaire ont signé
l'état de ces biens avec un nommé J. B. Monnom,
adjoint.
Quant au gouvernement temporel
il fut confié aux seigneurs de Morialmé au cours
du douzième siècle, la commune de Nalinnes étant
érigée en fief en leur faveur. Nous trouvons
confirmation de cet état de choses par un acte du prince-évêque
de Liège Hugues, repris au cartulaire de Fosses et
dans lequel il est notamment reconnu que Arnould, seigneur
de Morialmé, tient du prince la " villa " de Nalinnes
en fief.
Les biens que l'on tenait en
fief ne pouvaient être aliénés sans le
consentement du suzerain auquel en cas de vente on devait
payer un droit de relief c'est-à-dire de succession.
Or, il se fait qu'en 1207 le
même Arnould de Morialmé avait cédé
tous ses droits sur Nalinnes à la ville de Fosses,
sauf ceux d'avoués. Nous aurons l'occasion de donner
quelques détails à ce sujet.
Il résulte de toutes ces
tractations qu'au cours du moyen âge jusqu'en 1794,
la commune de Nalinnes dépendit à la fois
- de l'abbaye de Lobbes à
qui elle payait la bancroix, la cotisation et les mailles.
- du prince-évêque
de Liège qui détenait la juridiction d'appel
sur les affaires civiles et religieuses et auquel elle payait
la taille.
- des seigneurs de Morialmé
descendants et ayant-droit qui rendaient la justice en première
instance et possédaient le pouvoir législatif.
- du chapitre de Fosses auquel
les de Morialmé avaient cédé tous leurs
droits sauf ceux d'avoués.
- de l'église Saint-Barthélemy
de Liège à qui elle payait la dîme mais
qui nommait le curé et intervenait largement dans la
construction ou la réparation de l'église de
la Visitation.
Cette situation manquait certainement
de clarté et elle engendra au cours des siècles
de nombreux conflits.
Pourtant vaille que vaille, elle
assura à notre commune une longue période de
paix et de prospérité, permit d'élever
une très belle église gothique aujourd'hui restaurée
et favorisa l'accroissement de la population laquelle s'élevait
en 1790 à 1239 habitants.
Extrait de LE MARLOYAT - N°
8 - Décembre 1967. |