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Dans les périodes troublées du haut moyen âge,
les populations chrétiennes de nos contrées envoyaient
chaque année des pèlerins aux tombeaux des saints
Pierre et Paul à Rome.
La papauté, après
avoir rendu ces voyages obligatoires déchargea les
paroisses de cette obligation mais exigea qu'elles accomplissent
ce pèlerinage dans une église ou un monastère
de leur voisinage.
Le monastère de Lobbes
possédant une insigne relique de saint Pierre fut un
des lieux désignés pour ces pèlerinages.
Septante deux paroisses des doyennés de Walcourt, Fleurus
ete Binche durent dès lors se rendre chaque année
à l'abbaye de Lobbes sous la conduite de leur curé,
croix et bannière en tête. De là le nom
de pèlerinage : la bancroix, c'est-à-dire procession
générale. Cette procession avait lieu le 25
avril, jour de la fête de saint Marc, l'évangéliste.
La tradition de cette procession
fut conservée à Nalinnes jusqu'il y a peu de
temps. Elle avait pris le nom de rogation Saint-Marc et le
chemin des Couturelles qu'elle empruntait est précisément
celui qui, au moyen âge prenait la direction de Lobbes.
Selon le père Lejeune
et l'abbé Vos, toutes les paroisses se mettaient en
marche au lever du soleil ; celle qui arrivait la première
était félicitée par l'abbé à
la tête de sa communauté. Le vicaire ou le curé
qui t'avait conduite recevait en don une paire de gants blancs.
La messe était chantée dans l'église
abbatiale et les pèlerins visitaient ensuite l'église
Saint-Ursmer.
Au cours de la seconde moitié
du dixième siècle certaines paroisses refusèrent
de se rendre àLobbes pour la bancroix pour se rendre
de préférence à Fosses ou à Nivelles.
L'abbé de Lobbes Fulcunin sollicita et obtint l'appui
de Notger. évêque de Liège qui promulgua
un mandement obligeant, sous peine d'anathème les paroisses
rebelles de payer l'aumône de la bancroix àl'église
Saint-Pierre de Lobbes.
L'offrande faite en cette circonstance
consistait en un pain et une obole lesquels étaient
employés pour la nourriture des frères et le
luminaire de l'église. La valeur d'une obole àcette
époque était d'environ douze de nos francs 1972.
La cotisation
Outre l'offrande de la bancroix,
certaines paroisses dont Nalinnes payaient à cette
occasion un tribut appelé cotisation ou offrande commune.
Un setier d'avoine, mesure de Charlemagne, pour toute personne
possédant une charrue. Un quart de setier pour tout
homme possédant une bêche. Cette avoine servait
à faire de la bière pour les moines.
Les mailles
Un troisième impôt
était payé par notre commune au monastère
de Lobbes. Il s'appelait " les mailles ".
C'était une obole consacrée
spécialement à saint Pierre pour le salut de
l'âme des fidèles et la conservation des biens
de la terre. Son produit était consacré à
l'achat du pain et du vin de la messe.
Il est probable que cette dernière
imposition était peu importante en raison de sa destination
(le pain et le vin ne coûtaient pas cher) et de son
appellation " les mailles ". La maille était en effet
une très petite monnaie comme l'indique encore l'expression
populaire 'avoir ni sou ni maille'.
Nos relations avec l'abbaye de
Lobbes ne subirent plus de modification jusqu'à la
suppression de l'abbaye en vertu d'un décret du gouvernement
français en date du l er septembre 1796.
L'abbaye de Lobbes déclarée
propriété de la nation passa entre les mains
d'un certain Lebretton qui l'acheta à vil prix.
La presque totalité des
bâtiments fut démolie et, de part et d'autre
de la ligne de chemin de fer Charleroi-Paris où se
trouvait jadis le fer à cheval, il subsiste de beaux
bâtiments qui constituaient la ferme de l'abbaye et
dataient du XVIIIième siècle.
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