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Les premiers seigneurs connus de Nalinnes dans le haut moyen âge
furent les de Morialmé dont le plus ancien connu est Godescalc,
fondateur de l'église Saint-Barthélemy de Liège
ainsi que nous le relatons d'autre part.
Godescalc mourut en 1031 et en
1334, les chanoines de Saint-Barthélemy déposèrent
ses restes àl'avant-choeur de leur collégiale.
Un second Godescalc de Morialmé est connu, lequel vécut
vers 1130, un siècle après son illustre ancêtre.
Son succeseur Arnould de Morialmé fut nommé
avoué de Fosses vers 1150.
Un troisième Godescalc
de Morialmé, fils de Arnould, épouse Hawide
de Ham-sur-Heure, leur fils AN nould se croisa et prit l'habit
des Hospitaliers de Jérusalem en 1188. En 1207, Arnould
de Morialmé ou de Ham-sur-Heure, chevalier-banneret,
approuve la donation de la terre de Nalinnes à l'église
de Fosses. Il épousa Jeanne de Bel-oeil. Tous deux
furent inhumés à Aulne.
Leur fille Isabelle de Morialmé
et de Beloeil, décédée en 1257, avait
épousé en premières noces Nicolas, seigneur
de Condé.
Isabelle et Nicolas de Condé
eurent comme fils Jacques de Condé, seigneur de Beloeil
et de Morialmé, qui épousa Agnès, fille
d'Eustache, sire du Roeuls dit Kanivet.
De cette union naquirent deux
enfants : Nicolas Il de Condé et Catherine de Beloeil.
Il est à remarquer que
ce document cite aussi Jamioulx dans le Pagus de Sambre alors
que Nalinnes fait partie du Pagus de Lomme. Il serait curieux
de savoir quand, comment et par qui ces deux localités
ont été réunies au moyen âge. Un
fait est certain, c'est que jusqu'au seizième siècle,
le chapellenie de Saint-André à Jamioulx a fait
partie de la paroisse de Nalinnes. Le Révérend
Père Lejeune, auteur de l'Histoire de Nalinnes, nous
rapporte que c'est le 6 avril 1568 que Gérard de Groesbeck,
alors Cardinal Prince-Evêque de Liège, érigea
la chapelle de Jamioulx en église paroissiale et nous
aurons l'occasion de voir sous quelles conditions cet arrangement
fut conclu.
Il serait donc inexact de dire
que l'Histoire de Nalinnes commence en 868. Près de
deux cents localités sont citées pour la première
fois dans le fameux polyptyque et certaines d'entre elles
avaient déjà toute une histoire à cette
époque. Du reste, d'autres éléments nous
permettent d'affirmer que depuis de longues années
déjà un groupe humain prospérait à
Nalinnes.
Nous l'avons vu antérieurement,
nous n'avons que de sérieuses présomptions sur
l'existence d'une colonie romaine à Nalinnes mais il
est certain que dès le sixième siècle
il y existait une communauté florissante.
On a trouvé dans les sablières
de la Couture un très grand nombre de tombes de l'époque
franque. Il s'agit d'un véritable cimetière
bien situé sur une côte exposée au chaud
soleil du midi. Il est sans doute en partie inexploré.
Les objets trouvés dans
ces tombes sont des haches, des francisques, des pointes de
lances, des vases artistement travaillés, parfois même
vernis. Quelques Nalinnois possèdent plusieurs objets
mais la plupart d'entre eux ont été vendus à
vil prix, il y a environ trente ans à un collectionneur
des environs de Dinant.
Un jour, ces pièces seront
peut-être réunies dans un musée communal
comportant notamment un musée agricole. Il est grand
temps de réunir les éléments de ce dernier
qui, bien sûr, datent d'hier, mais qui, demain, seront
introuvables.
La date de 868 peut donc être
considérée comme la date officielle de l'entrée
de Nalinnes dans l'Histoire. C'est la raison pour laquelle
nous avons fêté le onzième centenaire
de l'inscription de Nalinnes dans l'état-civil de l'Histoire
alors que les origines de notre chère commune se perdent
dans la nuit des temps.
Extrait de Le Marloyat - N°9 - Mars 1972
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