LES PASQUÎYES DANS L'ENTRE SAMBRE ET MEUSE
Parmi les traditions que nous ont léguées les âges, il convient de noter les "pasquîyes, actuellement tombées partout en désuétude. De même que les marches militaires, cette coutume populaire semble être particulière à l’Entre-Sambre-et-Meuse.
La pasquîye a joui d’une grande vogue à Montigny-le-Tilleul, Jamioulx et Landelies.
C’était le recueil épicé des fredaines faites par les jeunes filles et les jeunes gens de la localité pendant l’année écoulée. A l’approche du carnaval les chefs de jeunesse se mettaient en quête de renseignements, notaient les allées et venues des jeunes gens, épiaient les moindres gestes des jeunes filles, questionnaient adroitement et préparaient leurs réquisitoires.
Le grand jour arrivé - un dimanche de carnaval - deux jeunes gens, montés sur un chariot tout enguirlandé, débitaient à tour de rôle, aux auditeurs attentifs, tout ce qu’ils avaient recueilli. Ceci était fait en patois, en vers plus que libres, avec des rimes plus ou moins faciles. Ah ! Ce qu’elle était gouailleuse, bouffonne et même libertine, cette pasquîye ! Il est vrai que Messire Carnaval la prenait sous son égide et lui faisait pardonner ses frasques licencieuses.
Apres quelques mesures jouées par les trois ou quatre musiciens composant l’orchestre, la lecture du cahier commençait. Un prologue d’une vingtaine de vers rappelait qu’il était d’usage immémorial de rédiger une pasquîye. Venait ensuite la lecture des couplets. II y en avait autant que de jeunes gens et de jeunes filles dans la localité.
Après chaque couplet, les musiciens se faisaient entendre.
Si la personne visée se trouvait sur la place publique, on lui faisait payer un pot (deux litres de bière). Parfois aussi, on La faisait monter sur le chariot afin qu'elle soit vue de tout le monde.
Point n’était besoin de citer un nom. Les allusions du texte suffisaient à identifier les intéressés.
En règle générale, la pasquîyeétait fortement pimentée et cependant, personne ne s’en offusquait. Les intéressés étaient les premiers à en rire.
Le plus souvent, pour parler des plaisirs sensuels et des parties sexuelles, on se servait d’images parfois intraduisibles, mais qui n’étaient jamais dépourvues d’esprit. Toute La verve wallonne était mise à contribution pour donner plus de saveur à la pasquîye .
Parfois, aussi, ceux qui La rédigeaient dépassaient les limites permises et le bourgmestre, à qui le manuscrit devait être soumis avant sa lecture en public, supprimait certains passages qu’il estimait trop grivois, ce qui n'empêchait nullement les chefs de jeunesse de ne tenir aucun compte de cette censure et de lire le tout tel qu’il avait d’abord été rédigé.
N’allez pas croire, surtout, que c’était un déshonneur que d’être sur La pasquîye . Etre rayé du cahier , c’était l’affront sanglant pour tout célibataire qui aurait refuse de payer sa cotisation de jeunesse. Aussi, tout le monde y avait son petit couplet.
Si la personne visée se trouvait sur la place publique, on lui faisait payer un pot (deux litres de bière). Parfois aussi, on la faisait monter sur le chariot afin qu'elle soit vue de tout le monde.
Point n’était besoin de citer un nom. Les allusions du texte suffisaient a identifier les intéressés.
En règle générale, la pasquîyeétait fortement pimentée et cependant, personne ne s’en offusquait. Les intéressés étaient les premiers a en rire.
Le plus souvent, pour parler des plaisirs sensuels et des parties sexuelles, on se servait d’images parfois intraduisibles, mais qui n’étaient jamais dépourvues d’esprit. Toute la verve wallonne était mise à contribution pour donner plus de saveur à la pasquiye.
Parfois, aussi, ceux qui la rédigeaient dépassaient les limites permises et le bourgmestre, a qui le manuscrit devait être soumis avant sa lecture en public, supprimait certains passages qu’il estimait trop grivois, ce qui n'empêchait nullement les chefs de jeunesse de ne tenir aucun compte de cette censure et de lire le tout tel qu’il avait d’abord été rédigé.
N’allez pas croire, surtout, que c’était un déshonneur que d’être sur la pasquîye. Etre rayé du cahier, c’était l’affront sanglant pour tout célibataire qui aurait refuse de payer sa cotisation de jeunesse. Aussi, tout le monde y avait son petit couplet.
Alors que cela semblerait devoir être le contraire, la jeune fille qui avait fauté était exclue de la jeunesse, on l’ignorait au carnaval et, aux fêtes, on ne la faisait plus danser. Il en était de même du jeune homme : il ne pouvait plus prendre part à aucune organisation de divertissement.