Qui
ne connaît le beau Château communal de Ham-sur-Heure,
gracieux quand on l'aborde par la cour d'honneur, plus imposant
et massif du côté de l'Eau d'Heure ?
Depuis octobre 1984, il abrite l'un des pôles d'attraction
de ce terroir si sympathique : le MUSEE RURAL ET ARTISANAL,
qui occupe actuellement cinq pièces de la Tour Carrée.
POURQUOI UN MUSEE ? POUR RETROUVER NOS RACINES
Le Comité est constitué de nombreux membres dynamiques.
Comment l'idée est-elle venue de réaliser un tel
projet ?
Quand on vit dans une période de "crise", il
faut absolument réagir contre le marasme, contre le sentiment
d'avoir perdu toute identité dans une région où
les emplois manquent, où les industries d'autrefois périclitent,
alors qu'il faisait bon vivre aux temps aux temps anciens.
Et pas tellement éloignés de nous puisque le Musée
a voulu rassembler des témoins des activités locales
du début de notre siècle, pour une grande part.
Tout commença avec une campagne du mouvement "Vie
féminine" qui proposait de retrouver ce que les
anciens avaient mis en place pour vivre et donner plus de consistance
à la vie locale.
Cela pourrait servir à nourrir non une vaine nostalgie,
mais à stimuler l'esprit d'invention, quand tout risque
d'anéantir le visage particulier du terroir.
Le mouvement organisa une journée pour laquelle de nombreux
objets furent rassemblés.
Puis vint l'idée : "Quel dommage de voir l'intérêt
d'un grand nombre, des enfants des écoles et des grands,
puis de disperser à nouveau tout ce matériel !"
La Tour inoccupée du Château put accueillir les
collections du début. L'aventure commençait.
QUATRE METIERS BIEN DE CHEZ NOUS...
Au
cours de la journée qui contenait tout en germe, le 16
juin 1983, on avait présenté quatre métiers
bien caractéristiques de l'ancien "Bourg" de
Ham-sur-Heure : la fabrication des balles, celle des clous,
les dentelles aux fuseaux, et la verrerie.
On avait pu bénéficier de la collaboration d'anciennes
"balleuses", de leurs témoignages, et l'une
d'entre elles avait cousu des balles avec l'aiguille courbe
devant les spectateurs intéressés.
Un ancien verrier avait évoqué cette activité.
Aménager un musée, cela exige des ressources.
Des cartes de soutien furent diffusées. Elles portaient
un blason combinant les outils des quatre professions.
De nombreuses familles acceptèrent de prêter des
objets et documents les plus divers.
LE MUSEE CONTINUE A S'AGRANDIR
La première salle qui fut aménagée dans
la Tour Carrée (portion non restaurée du Château)
a servi jadis d'habitation a Monsieur l'abbé DEMARTHE,
dit "Curé Zoyé", qui fut le dernier
chapelain (1818-1910).
Devant l'abondance des objets et documents mis à la disposition
du Musée, il a fallu aménager et envahir quatre
salles, et une cinquième, au rez-de-chaussée,
accueillera les vestiges d'une ancienne Forge...
Les dévoués du Comité réussirent
fort bien à expliquer, par leurs
notices, toutes les phases des durs travaux réalisés
par nos ancêtres.
Pour échapper au bric-à-brac et parvenir à
une sorte de "résurrection" du passé,
il faut du dévouement, de l'enthousiasme et du savoir-faire,
ce qui ne manque pas aux membres.
VENEZ ET VOYEZ
Vous
pourrez admirer non seulement l'outillage et de nombreux documents
relatifs aux quatre anciens métiers déjà
mentionnés, mais une foule d'apports capables de vous
faire revivre dans l'atmosphère d 'antan.
Voici des outils de cloutiers, de tanneurs, de tondeurs, de
modeleurs, de menuisiers, de briquetiers, d'agriculteurs, de
ferblantiers, de scieurs...
Regardez tout ce qui servait à fabriquer les balles,
ces "petites reines blanches" chères au "Bourg",
confectionnées et pressées, livrées par
"grosses" (quantité traditionnelle de 144)
par les dames et les jeunes filles de la localité.
On n'oublie pas les objets délicats soufflés aux
verreries de Beignée.
Et voici les dentelles sur leurs métiers.
Quel plaisir de retrouver les anciens ustensiles ménagers
:
fers à repasser d'avant la fée électricité,
fers à galettes, moulins à café, etc...
et la superbe baratte au bon beurre.
Des ouvrages délicats, passe-temps des dames au foyer,
nous étonnent.
La Marche Saint-Roch (1er dimanche après le 15 août)
tient naturellement une grande place: médailler, uniformes
rutilants dans différents pelotons...
La Fanfare a confié son drapeau de 1904, les mannequins
semblent prêts pour une gaie sortie : la partition de
"Y n'y a qu'un Bourg" est là!
Vous saurez tout, tout, tout sur les pièces de théâtre
aimées autrefois, sur le célèbre lapin
surnommé "Le Bleu de Ham", sur les aspects
caractéristiques du "Bourg" rappelés
par de vieilles photos.
Une carte unique, peinte sur lin, don de Monsieur le Comte d'OULTREMONT,
représente le Château et ses dépendances.
Notons enfin que le Musée est ouvert du 15 avril au 30
septembre, tous les week-ends de 15 à 19 heures.
Prix d'entrée : 40 fr. (réduction pour les groupes).
Pour tous contacts : Madame A. SCHELFHAUT, Beau Chemin 11, à
6428 Ham-sur-Heure. Tél. 071/21.36.83.
Le Musée a publié et publiera plusieurs documents
intéressants pour mieux connaître le passé
de la localité et pour faciliter une visite fructueuse.
A
Lire:
Métiers et scènes de vie d'autre-fois: d'après
les récits de quelques habitants / Musée de la
vie rurale et artisanale Ham-sur-Heure : Musée de la
vie rurale et artisanale, s.d.- 72 p. : dessins; 30 cm (Agrafé)
Textes de Max Vilain © 1988 Racines - Photos Racines
et collection personelle Patrick Seeuws
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